Le couvent de Cacouna



Le 27 mai 1857, mère Mallet écrit au curé Jean-Cléophas Cloutier de Cacouna: « J'ai proposé à mon conseil la demande que vous m'avez faite de quelques Soeurs pour diriger la maison d'éducation dans votre paroisse. Le résultat a été comme je l'attendais des plus satisfaisants; mes Soeurs ont accepté avec bonheur l'offre qui leur est faite d'étendre leur zèle».

En ce temps-là, le voyage Québec-Rivière-du-Loup se fait par bateau. Le 29 août 1857, mère Mallet s'embarque à bord du bateau à vapeur My Flower avec les trois fondatrices de Cacouna: les soeurs Marie-de-Jésus, supérieure, Saint-François-Xavier et Saint-Joseph. Le voyage dure jusqu'au lendemain avant-midi.

Les religieuses accostent au quai de Rivière-du-Loup puis s'engagent sur le chemin de Cacouna pour prendre possession de leur maison. Elles ne peuvent y entrer que 12 jours plus tard, après que l'on ait collecté auprès des villageois de Cacouna et des environs de quoi meubler le couvent.

Quelles tâches attendent alors les fondatrices et celles qui vont leur succéder: instruire des générations de filles (pensionnaires et externes) selon les normes du département de l'Instruction publique et plus tard du ministère de l'Éducation; leur donner une formation solide en musique, en anglais, en sténographie, en dactylographie, en plain-chant et en diction; enseigner, dès 1861, aux garçons de l'école de l'arrondissement puis à l'externat; visiter les malades et les pauvres; laver le linge de la fabrique et prendre soin des enfants de choeur.

Les soeurs ferment le pensionnat des filles en 1965 et prennent, pour deux ans, la direction de l'école Saint-Georges sous le contrôle de la commission scolaire. Celle-ci, en 1967, acquiert le couvent qui devient une école primaire pour garçons et filles; il sera démoli en 1983. Les soeurs quittent le milieu en 1967, après 110 ans de présence. Et c'est à regret, comme on le voit dans une lettre de la supérieure générale: «Ce n'est pas sans un serrement de coeur qu'il nous faut rayer la doyenne de nos fondations de la liste de nos résidences: le souvenir de vénérée mère Mallet y est si fortement attaché».