Le Couvent de Deschambault



Le couvent de Deschambault occupe une place enviable sur le Cap Lauzon. Il ouvre ses portes le 10 septembre 1861. Le 30 juin 1994, le diocèse de Québec en reprend possession et le vend à la municipalité.

MÈRE MALLET VA CONDUIRE L'ESSAIM DES FONDATRICES

Le curé Narcisse Bellenger en est le fondateur. En 1861, il accueille les soeurs Sainte-Thérèse, supérieure, Saint-Louis-de-Gonzague et Marie-de-la-Visitation; il les loge dans un bel édifice en pierre qu'il a fait construire sur le terrain de la fabrique, grâce à une souscription et à des corvées.

Les soeurs se vouent essentiellement à l'éducation des filles et des garçons de la région. Elles accueillent les premières à la fois comme externes et pensionnaires, aux niveaux primaire et secondaire. Quant aux garçons, ils ne sont admis qu'au primaire et comme externes, sauf entre les années 1945 et 1963 pendant lesquelles ils peuvent loger au pensionnat. En 1967, les élèves quittent le couvent pour l'école centrale et, en 1968, le pensionnat des filles ferme ses portes. Les soeurs séjournent dans l'établissement jusqu'en 1994, s'occupant d'enseignement, de pastorale et d'aide aux démunis.

Pendant plus d'un siècle, les religieuses se sont acquis une réputation d'excellence dans l'éducation et l'enseignement en général, mais aussi dans certaines spécialités telles que piano, dactylographie, sténographie, classico-ménager. Avec un égal bonheur, elles ont initié les élèves au théâtre, au chant et au dessin.

Magnifiquement situé sur les bords du fleuve Saint-Laurent, le couvent est un endroit idéal pour le repos et les vacances des soeurs de la communauté. Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, y séjourne à maintes reprises. Le 28 décembre 1906, il écrit à la supérieure, soeur Sainte-Clotilde: «J'avais la tête bien fatiguée par mon immense correspondance, lorsque votre bonne lettre m'est arrivée. Elle m'a guéri radicalement... mieux que tous les remèdes. Qu'il fait bon vivre dans votre Béthanie, votre paradis terrestre, en face de notre grand fleuve... C'est le vestibule du ciel. De bonnes religieuses qui sont comme des anges de là-haut, viennent juste assez vous voir pour ne vous laisser manquer de rien... Si la paix de Deschambault m'était accordée, je vivrais cent cinquante ans, au moins..».




«Nos Missions s'augmentent assez rapidement aussi, nous en avons maintenant cinq, y compris les deux nouvelles que nous avons acceptées cet automne, dont l'une dans la paroisse de Deschambeault que vous connaissez, où trois soeurs sont déjà résidentes depuis quelques jours que je suis allée les y conduuire, avec bonne espérance que cette mission fera quelque chose. L'autre à Somerset, que (vous) ne connaissez probablement pas, et dont nous ne sommes pas encore en possession mais où doivent se rendre les trois Soeurs qui y sont nommées au commencement du mois prochain; cette place nouvellement établie annonce beausoup pour l'avenir et nous offre beaucoup de bien à faire». (Lettre de mère Marcelle Mallet à soeur Hedwidge Lafrance, s.g.m., ASGM-SB, 23 septembre 1861)